Marie-Christine DAGUERRE ELIZONDO

Marie-Christine DAGUERRE ELIZONDO

Je suis née à Biarritz en 1968. J’ai grandi à Arbonne auprès de parents qui travaillaient beaucoup et de deux frères de 6 et 7 ans mes cadets. Très jeune, j’ai pris part aux associations du village : danses basques, pelote. Quand j’ai été en pension à Ustaritz pour ma seconde, j’ai commencé le hand à Saint-Pée-sur-Nivelle (mon sas de décompression). 

Le curé Mattin Carrere venait régulièrement à la maison, ma mère étant catéchiste, et je peux dire qu’il a eu un rôle important dans mes choix politiques. Je me suis sentie eskualdun très jeune et j’étais très fière de pouvoir échanger avec aitatxi et amatxi en euskara. L’injustice m’a souvent fait réagir, et cela m’a valu quelques heures de colle au collège et au lycée.

C’est sans doute un mélange de tout cela et la rencontre de mon mari qui m’a amené à Xabat Baita, à Mendi Xoko. En 1989, avec mon niveau BTS, je suis embauchée à Hendaye comme secrétaire et je vais y rester 8 ans.

Parallèlement, en 1990, je commence à donner les premiers cours de mutxiko à Urrugne. Je me dis que c’est un bon moyen pour moi de m’intégrer. Je suis enceinte de Txomin et je dois m’arrêter. Mais j’y ai trouvé la nounou de mes deux enfants et une famille qui nous a touché par sa bienveillance et son amour pour nos enfants. Aujourd’hui, l’association Pika ta Ebats continue grâce à l’engagement de bénévoles et la transmission de notre culture perdure.

En 1998, je démissionne de mon poste de secrétaire pour m’installer sur l’exploitation avec mon mari. Je repars donc sur les bancs de l’école en Soule, à Menditte, pendant 6 mois. Je fais le trajet tous les jours car nous avons 2 garçons de 7 et 5 ans. Je découvre le monde paysan, d’abord comme élève et ensuite comme la femme du berger. Associée à parts égales avec mon mari sur l’exploitation, un statut important pour lui, qui souhaite que je prenne ma place sur l’exploitation. Alors que notre petite ferme fonctionne plutôt bien, je m’investis au sein de notre syndicat agricole ELB, et je participe à la création de Lurzaindia, dont je serai la première présidente.

Parallèlement, à Urrugne nous nous battons pour créer l’Ikastola. Ces différents parcours, ces réflexions collectives, ces réunions parfois très tardives (car les paysans se réunissent après la traite), m’ont beaucoup nourri. Ils m’ont permis de rencontrer des personnes d’horizons très différents, mais toujours animées par les mêmes objectifs : l’intérêt collectif ou général. C’est exactement ce que j’ai retrouvé dans mon parcours politique à Urrugne, d’abord à Herritarrak puis à Elgarrekin.

Aujourd’hui, je suis élue depuis 2020, en tant que première adjointe et chargée de l’aménagement du territoire. C’est un enjeu majeur pour Urrugne et le territoire. Penser l’habitat de demain, intégrer les changements climatiques dans les réflexions puis la construction, pour que cet habitat soit agréable à vivre, sans être un gouffre financier en matière de consommation d’énergie ou encore de gestion de l’eau, qu’il soit intergénérationnel, proposant des alternatives aux EHPADs, avec des services et des commerces en pied d’immeuble. Ce n’est pas un travail facile, les constructeurs n’ont pas l’habitude d’être bousculés, défiés dans leurs pratiques. Je crois que nous y parvenons et que nous devons maintenant transformer l’essai en proposant aux Urruñar ces projets pour lesquels nous avons été élus il y a 6 ans.

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