Je suis né il y a 50 ans à Saint-Jean-de-Luz, à une époque où il y avait encore une maternité. J’ai grandi à Socoa et j’ai effectué ma scolarité à Saint-Jean-de-Luz (école du centre puis collège lycée Ravel) avant d’aller suivre mes études à Bordeaux.
Très vite, je me suis rendu compte que mon objectif principal dans la vie serait de revenir au Pays Basque. Ma famille, mes amis, les montagnes et la mer me manquaient énormément.
À 24 ans j’ai eu le choix entre aller à Paris pour faire une carrière dans les réseaux informatiques ou intégrer la SNCF. J’ai choisi la SNCF car cela me donnait la possibilité à moyen terme de revenir ici. Effectivement, après 6 ans entre Poitiers et Bordeaux, je suis revenu à Hendaye où je travaille depuis 20 ans. D’abord en tant que chef de service voyageur (celui qui donne le départ des trains avec sa casquette) puis dans le fret ferroviaire où j’officie actuellement en tant que responsable des trains de marchandise sur la zone Pays basque, Landes et Béarn.
De retour au pays, en travaillant en horaire 3×8 y compris les week-ends, j’étais décalé par rapport à mes amis et ma famille. J’ai très rapidement utilisé ce temps libre en semaine pour m’investir dans la défense des salariés en me syndiquant à la CGT. J’ai été élu représentant du personnel et délégué, puis secrétaire du CHSCT (Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail). Durant cette période, au fret, il y a eu des restructurations et des suppressions d’emplois tous les 6 mois. En 10 ans nous sommes passés de 320 salariés entre Hendaye et Bayonne à une cinquantaine aujourd’hui, avec des conséquences difficiles sur le plan humain mais également une baisse du transport de marchandise par train et une explosion du transport par camions, dans une période ou nous commencions à entrevoir les conséquences du changement climatique.
Cela a fait germer la nécessité de m’engager également pour la défense de l’environnement. Pendant toute cette période, j’ai rencontré des personnes extraordinaires qui consacraient leur vie à la défense du bien commun, cela a été très formateur.
A partir de 2018 j’ai consacré un peu moins de temps à mon engagement syndical, bien que je reste persuadé de la nécessité pour les salariés d’être organisé. Convaincu de l’importance d’une alimentation saine et de qualité, tant pour des raisons environnementales que de santé publique (transport, pesticides utilisés dans l’agriculture conventionnelle…), je me suis investi dans la création de l’AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) d’Urrugne puis, naturellement, dans le groupe fondateur de Larrunkoop l’épicerie participative, écologique sociale et solidaire. Deux structures dans lesquelles je suis toujours adhérent.
En 2020, par manque de temps, je n’ai pas pu m’engager dans la dynamique Elgarrekin qui a porté la majorité actuelle à la tête de la mairie. Néanmoins j’ai très vite rejoint les groupes de citoyens qui épaulaient les élus dans des groupes de travail, notamment sur la question alimentaire. Ces dynamiques ont permis la construction d’une cuisine municipale et la création d’une ferme maraîchère, gérées en régie, sur les terres municipales. J’y ai trouvé un mode de fonctionnement où la démocratie participative n’est pas un vain mot et où des personnes venant d’horizons différents se retrouvent à œuvrer pour le bien commun.
Si les Urruñar nous accordent leur confiance au mois de mars, je serai chargé des mobilités pour la commune et fléché pour siéger à l’Agglomération Pays Basque où je souhaite intégrer activement le Syndicat des mobilités et porter le besoin en transport des habitants d’Urrugne.
Le mode de fonctionnement d’Elgarrekin pour la prochaine mandature sera basé sur la démocratie participative, et la possibilité pour chaque élu de participer à plusieurs groupes de travail ou conseils participatifs. Je compte m’engager dans celui de l’alimentation mais également continuer à travailler dans le groupe chargé du logement, sujets primordiaux pour nos enfants et pour les générations futures.